Un peu de musique …

mai 17, 2009

On peut se marrer … comme le prendre au 1er degré (ou les deux !)
Reviens …

Georges Marchais

Edmond Andreu, de l'UL CGT, devant le site de Carreman, à Castres

Edmond Andreu, de l'UL CGT, devant le site de Carreman, à Castres

Voici, ci-dessous la réaction d’Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn suite à l’affaire de l’entreprise Carreman. Des camarades de la section de Castres étaient sur le marché avec un tract du PCF pour dénoncer l’attitude des patrons de Carreman.

A noter que la distribution que nous avons effectuée sur le parking de l’usine a donné lieu à une intervention de la direction qui a fait enlever les tracts sur les voitures … En revanche, les salariés et la population en général, ont apprécié notre tract.

Qui a dit que la lutte des classes n’existait plus ? 

Ci dessous le 1er article de “La Dépêche”,  jeudi dernier.

  http://www.ladepeche.fr/article/2009/05/07/603150-Castres-Ils-reclassent-leurs-salaries-en-Inde-pour-69-par-mois.html

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Les médias se sont fait l’écho ces derniers jours des « propositions d’emploi » faites par les patrons de l’entreprise Carreman, François Morel et Eric Baïsse, à 9 salariés qu’ils vont prochainement licencier.

La fiche « décrivant les conditions de l’emploi proposé » est édifiante.

Il est proposé à ces ouvriers d’aller travailler pour le compte de la société Carreman Silver Crest Clothing India, sur un poste d’opérateur de couture sur machine, pour un CDI, avec une rémunération brute mensuelle de 3500 à 4500 roupies (soit de 53,70 à 69,14 €) pour 8 heures par jour et 6 jours sur 7 – faites le calcul, cela fait 48 heures !

N’oublions pas, au titre des avantages [sic], un mois de salaire en « bonus », par an et une assurance médicale. 

Elle témoigne en tout cas de l’ampleur du cynisme des dirigeants et des actionnaires de ces groupes capitalistes (Valéo, Continental, Caterpillar ou ici le groupe Carreman) à l’égard de leurs salariés. Elle appelle évidemment une riposte, qui ne peut évidemment se cantonner sur le terrain social.

Dans notre département, comme ailleurs, il faut préciser que le patronat du textile est coutumier depuis de longues années des délocalisations  – les premières remontent aux années 80-  à la fois dans les pays du Sud comme en Europe de l’Est, en cela, ils ont appliqué scrupuleusement les conseils de la commissaire européenne Danuta Hubner (membre de la commission Barroso) qui recommandait les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne, en 2005.

On comptait 17 000 salariés dans le textile dans le bassin d’emploi Castres-Mazamet en 1970, 7000 au début des années 1990, il y a aujourd’hui tout au plus 1500 salariés dans ce secteur, largement dominé par les petites et moyennes structures.

Cette casse de l’emploi dans ce secteur est en réalité le résultat conjoint des politiques libérales mises en œuvre à l’échelle européenne et mondiale, de l’absence de lois protectrices pour les salariés dans notre pays et des stratégies patronales qui privilégient la pression constante sur les salaires. 

 

Il est temps de reprendre l’offensive face à la dictature du patronat !

 

Les patrons de Carreman, toujours prompts à demander des aides publiques (comme Morel, vendredi dans la Dépêche) n’ont aucune considération pour leurs salariés. L’épisode du voyage à Bora-Bora organisé par la direction témoigne, une fois de plus de leur absence totale de scrupules.

Si la loi permet au patronat de procéder ainsi à des licenciements déguisés, il faut changer ces lois, pour qu’elles protègent enfin réellement les salariés face à ceux qui veulent revenir au XIXe siècle.

Il est temps que s’impose la volonté populaire d’interdire les licenciements pour les entreprises qui font des profits et distribuent des dividendes. Les députés communistes vont proposer le 28 mai, au Parlement, plusieurs projets de lois contre les licenciements et visant à instaurer de nouveaux droits pour les salariés.

Ce sera l’occasion pour les citoyens de notre département de demander des comptes à leurs députés : vont-ils soutenir ces propositions de loi favorables aux salariés ou bien se contenteront-ils de paroles et de belles promesses ?

De plus, nous allons prendre des initiatives pour que les collectivités territoriales qui ont aidé le groupe Carreman lui demandent des comptes sur l’utilisation de l’argent public et exigent de sa part le remboursement de ces aides.

Non décidément, la violence n’est pas du côté des travailleurs, elle est du côté de ces patrons voyous.

Face à un gouvernement qui a choisi son camp, celui de la finance et du MEDEF, il est temps, si nous ne voulons pas subir encore de nouvelles régressions, de continuer et d’amplifier les luttes et les résistances, dans l’unité la plus large du monde du travail. Les salariés peuvent compter sur la détermination des communistes et de leurs élus pour porter et défendre leurs intérêts face au patronat.

 Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn du PCF

Comme tu le sais, nous sommes entrés dans la phase active de préparation de notre 34e congrès. A cet effet, nous avons déjà tenu une première Assemblée Générale de section, le 7 octobre dernier, au cours de laquelle nous avons discuté essentiellement sur le projet de Base commune proposé par la majorité du CN du parti.

Le compte-rendu de cette Assemblée Générale est disponible auprès des camarades du Bureau, sur le blog comme sur le site départemental.

Nos statuts prévoient la possibilité pour des camarades qui seraient en désaccord avec les orientations de la « Base commune » proposée par le CN de soumettre au vote –et à la discussion des communistes- une autre « base commune ».
Deux « textes alternatifs » ont réuni les conditions nécessaires pour être validés (au mois 200 signatures d’adhérents et issus d’au moins 20 fédérations).

Nous avons décidé de tenir une Assemblée Générale de section ce vendredi 24 octobre à 18 heures au local – rue Mirabeau (repas pris en commun).

avec à l’ordre du jour, discussion sur les 2 textes alternatifs de base commune, notamment le texte intitulé « faire vivre et renforcer le PCF : une exigence de notre temps », texte signé à ce jour par plus de 700 communistes issus de 66 fédérations, dont de nombreux responsables fédéraux et de sections. Plusieurs camarades, militants et responsables de notre section ont parrainé ce texte, il nous a semblé utile de te donner ces quelques éléments, la liste des signataires n’étant pas à ce jour fournie dans « l’Huma ».

Nous aurons donc à nous prononcer sur ces 3 textes le 30 octobre prochain, jour du vote dans les sections – tu as dû les recevoir, à ton domicile, avec un supplément de l’Huma.
Si tu ne l’as pas reçu, des textes sont à ta disposition auprès de la section ou de la fédération. N’hésite pas à nous le faire savoir.

Calendrier :
30 octobre : Le vote sur le choix de la base commune sera organisé de 9 heures à 12 h 30 et de 14 h à 19 h au local, 23 rue Mirabeau (possibilité de vote par correspondance).

21 (en soirée) et 22 novembre : Conférence de section.
29 et 30 novembre prochain, à Graulhet : Conférence fédérale.

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Premiers commentaires, à chaud, sur la réunion de ce soir.
L’essentiel de la discussion de la réunion a porté sur le texte alternatif “faire vivre et renforcer le PCF : une exigence de notre temps”.
Sans entrer pour l’heure dans les détails, la quasi-totalité des intervenants a souligné combien ils appréciaient ce texte, sur la forme et sur le fond. La plupart des camarades présents ont indiqué qu’ils voteraient pour ce texte.
Seuls deux camarades ont émis un avis différent (l’un favorable, avec des critiques, à la “base commune” proposé par la majorité du CN, l’autre plutôt en faveur des options du texte non soumis au vote).
Discussion pendant plus de 2 h 30, où, malgré des interrogations, se manifeste une forte volonté des camarades de faire vivre et de renforcer notre parti, sur la base d’orientations et de choix stratégiques clairs.

Une Assemblée Générale de la section de Castres-Labruguière s’est tenue le mardi 7 octobre à 18 heures, au local, rue Mirabeau.

22 présents, plusieurs camarades excusés.

 

L’ordre du jour de notre AG appelait comme premier point, l’étude du projet de Base commune, voté par la majorité du CN, que les communistes ont reçu depuis la mi-septembre, avant le vote qui sera organisé dans les sections, les 29 et 30 octobre.

La plupart des camarades qui ont lu ce texte font part de leur insatisfaction quant au style  (peu lisible, peu enthousiasmant …) et surtout de désaccords quant au contenu.

 

Le point positif souligné par plusieurs camarades, c’est que ce projet n’envisage plus la disparition du PCF en tant que tel, ce qui est analysé comme le résultat de l’intervention des communistes depuis l’automne 2007, l’AG extraordinaire de décembre 2007 et les résultats des élections municipales et cantonales qui montrent que le PCF demeure une force importante, qui compte dans le paysage politique.

 

Des camarades sont revenus sur la responsabilité des dirigeants, notamment nationaux, dans les échecs de 2002 et 2007 (essentiellement les présidentielles) et sur le fait qu’il fallait qu’ils remettent en question leur efficacité de dirigeants.

 

Les critiques et les désaccords d’une majorité d’intervenants portent sur plusieurs aspects essentiels de ce projet de Base commune :

 

- Une absence de bilan de la part de la direction sortante par rapport aux différentes expériences politiques récentes (gauche plurielle – 1997-2002 ; élections présidentielles de 2002 et 2007, épisode des « collectifs antilibéraux », municipales et cantonales). Il est reproché au texte d’être quasiment muet sur ces aspects, alors que la préoccupation centrale des communistes, c’est une volonté commune de comprendre la période récente, et de trouver collectivement des explications, des pistes d’analyse … pour pouvoir agir, rassembler.

Cette absence de bilan de la direction sortante comme l’absence de retour critique sur nos expériences récentes d’alliance avec le PS (« gauche plurielle ») et la tentation permanente de se positionner par rapport au PS et d’invoquer en permanence « la gauche », de manière générale, sont les points les plus critiqués par les camarades.

Un camarade analyse ainsi ces aspects en soulignant les responsabilités de la direction nationale : « Un simple constat, un énoncé de généralités. Aucune recherche des responsabilités précises de ce déclin depuis 1995. Quels responsables nous ont entraînés dans la « gauche plurielle » et la politique qu’on y a mené avec le PS ?

Pourquoi le candidat communiste aux présidentielles est « tombé » à 3,37%  en 2002 et à 1,93% en 2007 ?

Peut-on compter sur un renouveau du PCF avec les dirigeants qui nous ont mis dans cette situation ? 

Ne sont-ils pas au Conseil National, certains depuis des décennies ?

Une véritable recherche des causes et de nos responsabilités ne peut se contenter de banalités.  Ceux qui nous ont mis dans cette situation, qui sont au Conseil National responsables de notre déroute devraient se retirer ! »[1].

 

-Une large majorité de camarades sont très critiques par rapport au positionnement de la direction du PCF à l’égard du PS et des signes que l’on envoie  aux communistes et l’opinion publique (« comité de liaison de la gauche », rencontre avec F. Hollande à la fête de l’Huma) alors que cette question des alliances doit relever d’un choix de congrès.

 

- La question de l’Union Européenne est présentée dans ce projet de Base commune de manière déconnectée des politiques réelles mises en place par les dirigeants successifs de l’UE. Comme si l’on pouvait exonérer les institutions européennes, qui sont précisément des outils mis en place par le capital pour rogner les acquis sociaux des peuples, leurs droits … depuis plusieurs décennies. L’Union Européenne, ce n ‘est pas un cadre institutionnel neutre, dans lequel on pourrait faire avancer nos propositions pour une « Europe sociale ». Les pouvoirs du parlement européen sont très limités. Le contexte dans lequel s’est développée la « construction européenne » n’est pas neutre, c’est celui de la guerre froide ; prétendre que l’on peut mettre en œuvre une « autre construction européenne », avec les outils que le capital a forgé pour mener à bien sa politique est jugé illusoire par plusieurs camarades.

 

Cependant, quelques éléments positifs sont soulignés concernant la partie internationale du projet (1ere partie), même si des développements auraient pu être plus synthétiques et plus lisibles – on note le retour de termes tels que « néo-impérialisme » qui sont appréciés.

Un camarade a souligné qu’il s’agissait d’un texte « de compromis », d’un texte qui hésite, qui ne choisit pas clairement une stratégie, en tout cas, qu’il n’y a pas clairement d’inflexion stratégique ; que la direction nationale a entendu un certain nombre d’arguments donnés par les communistes depuis un an, donc, ce texte est en partie le résultat d’un rapport de forces, d’où la « tension » qui apparaît sur ce contenu, avec des parties qui ne sont pas forcément en cohérence.

 

Globalement, à partir des éléments de la discussion, il en ressort, avec des approches diverses, que l’opinion des communistes de la section de Castres est majoritairement très critique à l’égard de ce projet de Base commune, ce que confirme d’ailleurs l’expression de camarades lors de réunions de cellules, ainsi celle qui s’est tenue le 14 octobre (cellule G. Môquet – canton Nord).

Cela ne nous conduit pas, bien au contraire à être inactifs, mais bien à faire vivre notre parti, sur la base de nos valeurs, de nos propositions, d’une pratique ancrée dans les réalités sociales, en d’autres termes, à déployer pleinement notre activité de communistes. Depuis le printemps dernier, 7 adhésions ont été réalisées, nous avons tenu  à nouveau une fête de section le  30 août dernier, qui a été un succès, nous sommes aussi à l’initiative d’actions et de rassemblements pour la paix et le retrait des troupes françaises d’Afghanistan …

L’actualité politique et la crise sans précédent du capitalisme met plus que jamais en évidence le besoin pour notre peuple d’un parti communiste à l’offensive.

CR rédigé par Eric Jalade, secrétaire de section.

 

 

 


 

[1] Précisons que c’est ici l’opinion d’un camarade, partagée largement par une majorité d’intervenants, mais qu’un ou deux camarades ont défendu l’idée d’une responsabilité plus collective, dans ces échecs, à la fois des dirigeants et des militants, tous co-responsables de ces résultats électoraux.

André Gerin à Castres lors de la visite du Musée Jaurès, le 30 août 2008 (Photo PCF Castres)

André Gerin à Castres lors de la visite du Musée Jaurès, le 30 août 2008 (Photo PCF Castres)

Oui, je crois que le capitalisme a fait son temps !

18 janvier 2008 : plan de relance de 150 milliards de dollars annoncé par George Bush.
17 février 2008 : la banque Northern Rock nationalisée.
16 mars 2008 : la Fed sauve la banque Bear Stearns.
7 septembre 2008 : Freddie Mac et Fannie Mae, établissements détenteurs de crédits hypothécaires, mis sous tutelle.
17 septembre 2008 : l’assureur AIG nationalisé !

Quel est donc ce pays qui pratique, qui ose se lancer, à l’heure de la mondialisation, de la « concurrence libre et non faussée », dans une politique interventionniste en nationalisant les plus beaux fleurons de sa finance privée ?
Un pays post-archaïque ou proto-moderne ? Un pays marxiste ?

Non, ce pays, ce sont les Etats Unis d’Amérique !

La crise du capitalisme financier, qui secoue les places boursières, a donc créé cette situation quasi surréaliste, digne d’une fable de la Fontaine, au cœur de laquelle les apôtres du libéralisme à tout crin des années 80-90 se voient obligés –de force, pas de gré, pour sauver la face et le radeau, tout en faisant sécher les SICAV- d’en appeler à la figure tutélaire de l’Etat-providence vingt ans plus tard.

Curieuse ironie de l’histoire, où le modèle anglo-saxon tant vanté redécouvre les vertus d’une administration collectiviste !
Comme disait Karl Marx{dans le 18 Brumaire …] : « l’histoire se répète toujours deux fois. La première en tragédie, la seconde en farce… »

Le système économique actuel, le mode de production capitaliste, me font donc penser à l’histoire du dinosaure : lorsqu’il se marche sur la queue, l’information met un temps fou avant d’atteindre son cerveau. Depuis de nombreuses années –et les faits nous donnent aujourd’hui raison- je ne cesse de dénoncer la dérive de ce capitalisme cynique tourné vers le profit immédiat, avec la dictature du moindre coût, système à bout de souffle qui révèle au grand jour sa nature et ses aberrations. Il y a lieu de fustiger l’impérialisme financier qui a profité du laisser-faire généralisé (plutôt organisé) sur les marchés, loué par Ronald Reagan ou Margaret Thatcher, comme si à la base lesdits marchés allaient s’autoréguler de façon vertueuse. Il n’en est rien, nous le savons. A travers des crédits aussi trompeurs que les subprimes, les grands financiers, et beaucoup d’entre eux ont fait de l’argent en dormant, se sont enrichis sur le dos des petits ménages et ont fabriqué une croissance empirique, basée sur l’endettement, voire le sur-endettement. Dans mon livre « Et si le capitalisme avait fait son temps ? », je mettais l’accent sur l’apparition d’une véritable dictature de la finance. Le profit financier prend le dessus dans le processus de mondialisation. Il existe à la fois une loi du marché et une dictature de la bourse. C’est cette métastase qui remet en cause le capitalisme industriel, le capitalisme des métiers, le capitalisme des savoir-faire, et au final le capitalisme lui-même, car il n’est plus seulement prédateur mais aussi destructeur.

Qu’on ne se trompe pas sur les suites de cette crise. Les Pays émergents, le monde du travail, les petits épargnants, salariés licenciés au nom du CAC 40 et de la cote des actions qu’il faut maintenir à flot, voilà ceux qui seront priés de payer la note. Les ogres de la finance se remplissent les poches quand tout va bien, et vident celles des autres quand tout va mal. Le retour de l’interventionnisme du trésor américain se paiera cash car ce sont les finances publiques et les contribuables qui sont appelés à absorber les hérésies et dérives de l’impérialisme financier. La dette américaine se rembourse sur tous les continents. Nous avons déjà connu ce système de vases communicants. La puissance publique a fréquemment soutenu et relancé de grandes entreprises pour les privatiser une fois qu’elles étaient devenues rentables. Dans les années 80 aux Etats-Unis, pour mettre fin à l’effondrement de centaines de caisses d’épargne, une structure avait été mise en place, la Résolution Trust Corporation, pour placer sous tutelle des dizaines d’organismes.

Il en avait résulté une perte de 75 milliards de dollars dans les caisses des finances publiques. Le mouvement amorcé aujourd’hui est encore plus dévastateur et la bulle financière va continuer de s’alimenter sur le dos des revenus du travail et des investissements publics. Ni plus, ni moins. Et si nationalisation il y a, personne n’est dupe, c’est pour se mettre au service du grand capital.

Cette crise profonde doit par contre, et plus que jamais, nous renforcer dans nos convictions, nous décomplexer.

Un : il faut tout simplement changer de modèle économique et financier. Sans un Etat républicain décideur, avec des services publics dotés de moyens importants affranchis de tout impératif de rentabilité, sans une république sociale, capable de garantir les droits les plus élémentaires à chacun de ses concitoyens –droit au logement, droit à l’énergie, droit à l’éducation, au savoir- inutile de se faire d’illusions sur le fin mot de l’histoire. C’est la loi de jungle qui triomphe, une jungle « libre et non faussée » en quelque sorte. De nouvelles Bastilles sont donc à prendre, qu’elles soient économiques, financières ou médiatiques. Il faut conquérir ces pouvoirs pour les remettre aux mains de la nation, du monde du travail, sous contrôle de la souveraineté populaire. Il faut bien reparler de nationalisation pour la maîtrise publique du secteur bancaire et financier et l’ensemble des grands médias.

Deux : l’Union Européenne, et notamment la BCE, inflexible sur ses taux alors qu’une relance de la consommation se fait attendre depuis des années, vient subitement d’injecter 150 milliards d’euros pour voler au secours des courtiers, banquiers et spéculateurs plongés dans la tourmente. L’Union Européenne de la finance prise en flagrant délit, la main dans le sac, épongeant la sueur qui perle au front des places boursières et fermant les yeux sur les attentes sociales des salariés : voilà ce qu’est devenue l’Union Européenne à laquelle, le 29 mai 2005, nous avons eu raison de dire non. Politique de la rigueur d’un côté –le coffre est vide-, 150 milliards d’euros de l’autre –ouvrez vite le coffre- quelle est donc cette logique européenne, au service du grand capital financier, si ce n’est celle de l’Europe du marché, l’Europe de la spéculation, l’Europe de la renonciation et de la démission. Quant à l’Europe des peuples, me direz-vous, et bien elle peut attendre et, selon le bon mot de Marie-Antoinette, « si elle n’a plus de pain, qu’elle mange des brioches ! »… Le chantier, là encore, est immense, mais le remède est simple. Il nous faut nous retirer de l’Union Européenne pour construire une Europe des peuples, de l’Atlantique à l’Oural.

Trois : devant une telle situation, face à un système capitaliste à bout de souffle -ce géant aux pieds d’argile- qui détruit tout sur son passage (et qui finira bientôt par s’autodétruire), face à ce capitalisme criminel qui spolie au lieu de produire et investir –relisons Engels et Marx-, qui oserait encore dire, aujourd’hui, qu’une gauche fière de ses valeurs, attachée à ses principes, loin de la moiteur des appareils, appartient au siècle passé ? Qui peut croire que la défense des services publics est un combat d’hier ? Qui peut croire que la dénonciation de la puissance de l’argent relève d’une joute d’antan ? A la lumière de ce qui se passe aux Etats-Unis, j’ai bien dit aux Etats-Unis, qui peut nous faire croire que la dérégulation et la privatisation de pans entiers de la République, à l’exemple de la réforme de la carte militaire et de l’ensemble des grandes missions du service public – maintenant La Poste ! – sont une avancée majeure pour le bien-être de chacun ? Qui peut croire, enfin, que Nicolas Sarkozy, porte-parole du Medef et des intérêts du grand capital, deviendra l’homme providentiel pour mettre en place « un capitalisme régulé » ? C’est aussi –notons-le- ce que propose le Parti Socialiste, qui a abandonné le combat pour le socialisme et celui de la lutte des classes. Qu’on ne se méprenne pas, Nicolas Sarkozy est dans la lignée des « ayatollahs » du capitalisme conservateur qui remettent en cause toutes les avancées historiques et progressistes du XXème siècle.

Alors oui, je le pense sincèrement, l’heure nous appartient pour mettre en place une véritable république sociale, loin des compromissions de la sociale-démocratie qui ne fait que s’adapter à un système vicié, une république sociale héritière du CNR, une république sociale autogestionnaire, celle des insurgés de 1848, qui s’appuie sur une vision collective et humaine de la société. Nous le savons tous : il n’y a pas de politique sans volonté, pas de progrès sans lutte. Cessons donc d’être frileux, cessons de courber l’échine, cessons d’être tétanisés : une société nouvelle est à bâtir, à imaginer, ne la laissons pas aux mains des argentiers ! Utopistes debout pour construire une révolution en gestation, le communisme du XXIème siècle frappe à la porte !

André Gerin, le 25 septembre 2008

Quelques photos de la manifestation du 22 septembre (Photos PCF Castres)

Une vue du cortège, au départ de la place Jean Jaurès

Une vue du cortège, au départ de la place Jean Jaurès

[caption id="attachment_49" align="alignnone" width="300" caption="Prise de parole, à la fin de la manif, devant la sous-préfecture"]Prise de parole, à la fin de la manif, devant la sous-préfecture[/caption]
Une vue de la manif, lors de la prise de parole, à la sous-préfecture.

Une vue de la manif, lors de la prise de parole, à la sous-préfecture.

Ci-dessous le compte-rendu, assez correct de l’AFP de notre manifestation de Lundi 22 septembre.
Environ 300 personnes, un soir de semaine, c’est une réussite qui va, bien sûr, nous inciter à continuer la mobilisation sous toutes ses formes.
La couverture médiatique tout à fait intéressante de l’événement (avec notamment plusieurs passages sur France 3 région et le journal de France 3 Tarn, entre dimanche 21 et mardi 23 septembre) nous permet aussi de contrer la propagande en faveur de la poursuite de la guerre.
D’autre part, nous avons réussi à démontrer l’utilité du PCF pour contribuer à rassembler la population dans un contexte particulier, notre rôle a été déterminant pour ces mobilisations – les deux rassemblements du 6 et du 13 septembre, comme la manifestation du 22 septembre.
En tout état de cause, et ce indépendamment du vote du parlement, nous allons continuer à mobiliser et à élargir les bases de ce rassemblement, avec le tract de la section et la pétition adressée au président de la république exigeant le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
Au pays de Jaurès, le combat pour la paix continue !

Nous reviendrons dans les jours à venir sur cette actualité, notamment après le conseil municipal du 30 septembre

Manifestation à Castres pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan

Le 22/09/2008 à 19:25

Entre 200 (selon la police) et 350 personnes (selon les organisateurs) ont participé lundi après-midi à Castres, ville du 8e RPIMa, à une “marche pour la paix dans les monde et pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan”, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les manifestants, qui répondaient à l’appel du Parti communiste auquel s’étaient joints une vingtaine d’associations comme le Mrap, le Mouvement pour la paix, la FCPE ou les syndicats CGT et Solidaires, sont symboliquement partis des pieds de la statue de Jean Jaurès.

Le cortège a ensuite rejoint la sous-préfecture de Castres, ville du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) auquel appartenaient huit des 10 soldats français tués dans une embuscade le 18 août en Afghanistan.

“La mort au combat de 10 jeunes soldats, dont huit du 8e RPIMa, a brusquement rappelé aux Français que, sans qu’ils aient été consultés, leur armée était engagée aux côtés des forces américaines et de celles de l’Otan dans une guerre sanglante qui leur remet douloureusement en mémoire celles menées contre les peuples vietnamien et algérien”, a expliqué Eric Jalade, secrétaire de la section PCF de Castres.

Cette marche était syboliquement organisée le jour du débat parlementaire sur la présence des troupes françaises en Afghanistan, à l’issue duquel l’Assemblée nationale a donné son feu vert à leur maintien par 343 voix contre 210.

Le 6 septembre, une première manifestation pour le retrait des troupes françaises en Afghanistan, avait rassemblé 100 à 150 manifestants dans les rues de Castres.

Notre secrétaire de section, lors de la prise de parole, le 6 septembre, Place Pélisson

Notre secrétaire de section, lors de la prise de parole, le 6 septembre, Place Pélisson

[caption id="attachment_59" align="aligncenter" width="300" caption="Une vue de la Place Pélisson et du Musée Jaurès en arrière-plan"]Une vue de la Place Pélisson et du Musée Jaurès en arrière-plan[/caption]

 

Manifestation à Castres pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan

Le 06/09/2008 à 14:46

De 100 à 150 manifestants se sont rassemblés samedi à la mi-journée à Castres (Tarn) “pour la paix dans le monde et pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan”, a-t-on appris auprès des organisateurs et de la police.

La manifestation s’est déroulée dans la ville du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) auquel appartenaient 8 des 10 soldats français tués dans une embuscade, le 18 août en Afghanistan.

Les manifestants répondaient à l’appel de plusieurs organisations et partis de gauche, dont le Mouvement pour la paix, le PCF, le MRAP, la CGT, la FSU et les Alternatifs.

“Il ne faut pas que les soldats du 8e (RPIMa) soient morts pour rien. Pourquoi envoie-t-on des jeunes se faire tuer là où nous n’avons rien à faire si ce n’est être à la solde des Américains?”, a déclaré Eric Jalade (PCF) à un correspondant de l’AFP.


 

C’est ce qui dit l’AFP… La participation, pour une première initiative est loin d’être négligeable.

Après une intervention d’Eric exposant le but du rassemblement au nom des organisateurs, c’est André Martinez qui a pris la parole, au nom des élus d’opposition de “Castres à Gauche Vraiment”, puis deux jeunes ont fait une lecture de textes de Jaurès.

Précisons que le rassemblement se tenait, place Pélisson, devant le Musée Jaurès, qui accueille actuellement une exposition de dessins pour la paix …

Ce rassemblement appelle des suites, nous allons continuer à mobiliser l’opinion publique, avec en perspective une manifestation autour du 21 septembre – Journée internationale de la Paix- probablement le jour du débat parlementaire, le 22 septembre, dans notre ville, en fin d’après-midi.

La section de Castres du PCF

Francis, Géraldine et André Gerin après la visite du Musée Jaurès

Francis, Géraldine et André Gerin après la visite du Musée Jaurès

[caption id="attachment_55" align="aligncenter" width="300" caption="Le repas, suite ..."]Le repas, suite ...[/caption]
Une belle ambiance lors du repars fraternel ...

Une belle ambiance lors du repars fraternel ...

La “fête de l’Huma” organisée par les communistes de Castres qui s’est déroulée samedi dernier (30 août) au Parc de Gourjade a été une réussite (cela faisait plus de quinze ans qu’il n’y avait plus de fête de section …) : une centaine de participants au repas, une ambiance chaleureuse et fraternelle, des débats très riches, avec le matin comme l’après-midi, une soixantaine de personnes au moins dans la salle.

La qualité des intervenants (Jacques Obriet, du bureau national du Mouvement de la Paix, le matin et notre camarade André Gerin, député-maire de Vénissieux, lors du débat de l’après midi) et leur disponibilité tout au long de la journée sont à souligner. 
L’intervention d’André lors du débat de l’après-midi, sur la situation politique, la crise du capitalisme et les perspectives pour le PCF a été très appréciée par les camarades. Pour peu qu’il retrouve son identité de classe, sa capacité d’initiative théorique et politique, un ancrage populaire et une indépendance à l’égard du Parti socialiste, notre parti a de l’avenir !

C’est d’un parti rassemblé, fraternel et offensif dont notre peuple a besoin !

Plusieurs abonnements à l’Huma réalisés lors de cette journée, ainsi qu’une adhésion au PCF.

Nul doute que nous renouvellerons cette initiative l’an prochain.

Nous allons donner un certain nombre d’éléments, de réflexions et d’interventions concernant la présence (et le renforcement, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy) de soldats français, sous commandement de l’OTAN, en Afghanistan.
Lors du débat à l’Assemblée Nationale – sans vote ! -, voici, sans plus de commentaires, l’intervention prononcée par le député PCF du Cher, Jean-Claude Sandrier. Le compte-rendu intégral de cette séance mérite aussi d’être lu (sur le site de l’Assemblée Nationale).

EJ

M. Jean-Claude Sandrier – Nous sommes probablement l’une des rares démocraties au monde dans laquelle une intervention militaire à l’étranger, sa poursuite, l’accroissement envisagé de ses moyens ou encore la création d’une base importante dans un autre pays ne puissent faire l’objet d’un débat au Parlement sans une demande pressante et réitérée de l’opposition. Et ne parlons même pas d’un vote, puisque celui-ci nous est aujourd’hui encore refusé !

Monsieur le Premier ministre, vous n’êtes donc pas capable d’anticiper de deux mois sur le texte de loi portant réforme des institutions, lequel dispose que lorsqu’une intervention militaire extérieure excède six mois, sa prolongation est autorisée par le Parlement à l’issue d’un vote. Permettez-nous par conséquent de mettre en doute le crédit à accorder à ce texte ! Il est vrai que pendant les six premiers mois d’une intervention militaire, le Parlement n’aura pas voix au chapitre, puisqu’il pourra seulement être informé, éventuellement dans le cadre d’un débat, mais sans vote. Que de subtilités pour parvenir de fait à priver le Parlement du droit de se prononcer par un vote sur la pertinence d’un engagement militaire !

Notre groupe dénonce aussi la dérive atlantiste d’un Président de la République qui n’a pas été mandaté pour cela. Et cette tendance s’est déjà manifestée à plusieurs reprises. D’abord, par une cour à George Bush, à contretemps de l’opinion des Américains eux-mêmes telle qu’elle a évolué au fil du temps et du sentiment mondial ; à contretemps, aussi, puisque, dans dix mois, M. Bush ne sera plus président des États-Unis.

Dérive atlantiste encore, quand le Gouvernement soumet la construction de la politique de sécurité et de défense européenne à une intégration plus forte – pour ne pas dire totale – de la France dans l’OTAN, alors même que la seule justification de l’existence d’une telle politique, c’est son autonomie et son indépendance.

Dérive accrue, quand, sans débat, la France prévoit d’implanter une nouvelle base militaire face à l’Iran, en vue de s’engager plus avant dans les espaces de guerre américains.

Dernier avatar de cette dérive atlantiste qui confine à la soumission, la décision d’envoyer 1 000 hommes de plus en Afghanistan, soit 60 % d’effectifs supplémentaires. S’agit-il de soulager l’effort de guerre des États-Unis en Irak ? Ou bien de hâter la résolution du problème Afghan, alors que chacun sait que ce type d’intervention se termine toujours dans un enlisement, l’URSS en ayant donné le meilleur exemple ? (Rires sur les bancs du groupe UMP) A-t-on mesuré les risques pour nos soldats et pour notre peuple ? A-t-on dit aux Français comment ils allaient payer ces renforts alors que les caisses sont vides ?

Bien entendu, le Gouvernement s’abrite derrière le combat contre le terrorisme et l’argument semble imparable car nul ne soutient le terrorisme aveugle, qui tue des innocents et parfois même des enfants.

Encore faudrait-il savoir qui arme ce terrorisme…

M. Maxime Gremetz – Bush !

M. Jean-Claude Sandrier – …et si la croisade américaine a été d’une quelconque efficacité. Notre réponse est non. Lorsqu’on veut combattre un mal, c’est à ses causes profondes qu’il faut s’attaquer. Combattre le terrorisme, c’est combattre ce qui le fait naître et prospérer.

Je ne vous citerai aucun dirigeant du parti communiste à l’appui de mon propos, mais de hauts responsables de la stratégie de notre pays, s’exprimant devant l’Institut des hautes études de la défense nationale. « Le rouleau compresseur de la globalisation à l’occidentale, disent-ils, n’a pas apporté la cohérence escomptée sur la planète. » « Au contraire, une déstabilisation profonde du monde est à l’œuvre… Le développement d’un fort individualisme est lié à la globalisation. » Face à cela, « des contre forces se sont développées ». Et un autre intervenant de reconnaître : « Il faudra peut-être trouver autre chose que l’avancée inexorable de la globalisation » – autrement dit de la mondialisation capitaliste (Exclamations sur les bancs du groupe UMP).

Oui, « le monde est malade », comme l’a fort bien expliqué le sociologue allemand Ulrich Beck. Dans les dix dernières années, la production mondiale a doublé et le volume du commerce mondial a triplé, mais le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a augmenté de 100 millions. Le monde est malade de la pauvreté ; il est malade de l’injustice quand les plus riches étalent leur richesse à la face non seulement des plus pauvres, mais aussi de ceux à qui l’on demande des efforts parce que les caisses sont vides.

Les 500 plus grosses fortunes françaises possédaient l’équivalent de 6 % du PIB il y a dix ans (Interruptions sur les bancs du groupe UMP) : elles en possèdent aujourd’hui 15 %. Mais en France comme dans le monde, on s’aperçoit de plus en plus que si les caisses sont vides, les coffres-forts sont pleins !

Imaginer que l’on peut régler par la voie militaire des problèmes qui tiennent aux déséquilibres sociaux et économiques, c’est aller au-devant de conflits encore plus graves, à l’appui desquels on invoquera encore les prétextes les plus faux – la faute à la religion, à la civilisation de l’autre qui n’est pas la bonne, à sa culture.

S’attaquer aux causes de nos maux n’est pas un problème militaire : c’est un problème de responsabilité politique et de choix politiques.

Une autre politique de sécurité est heureusement possible. C’est d’abord une politique de coopération et de développement radicalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui – un fiasco. « Nous devons civiliser la Terre », dit Edgar Morin. Combattre le terrorisme, c’est d’abord combattre la pauvreté, l’asservissement, le néo-colonialisme, l’humiliation des peuples du Sud et du Moyen-Orient. Quand la pauvreté et l’humiliation reculent, la paix progresse !

C’est assurer une autre répartition des richesses, non pas s’assurer par la force l’accès aux matières premières, mais se lancer dans un développement respectueux de leur utilisation et développer la recherche de nouvelles sources d’énergie.

Civiliser la Terre, c’est permettre à tous d’y vivre dignement. Il faut donc chasser les prédateurs financiers qui s’engraissent à des taux de rentabilité irréels sur le travail des autres (Interruptions sur les bancs du groupe UMP).

Il faut stopper la guerre économique (Mêmes mouvements), qui porte la guerre tout court. Les premiers facteurs de déséquilibre sont aujourd’hui le développement des inégalités et les velléités d’hégémonie économique, à commencer par celles des dirigeants américains (Mêmes mouvements).

Nous sommes loin de ces préoccupations lorsque vous souhaitez envoyer 1 000 hommes de plus en Afghanistan : mais nous nous lançons dans une fuite en avant qui nous soumettra à la stratégie des États-Unis, laquelle menace la paix du monde sans résoudre aucun des problèmes posés.

Il est regrettable que sur une question aussi grave, les représentants du peuple soient privés du droit de vote. C’est symbolique d’un pouvoir qui fait passer la peur d’être désavoué avant l’exercice, légitime en démocratie, du droit de vote.

Le groupe GDR s’oppose fermement à cette politique de soumission à quelques dirigeants américains portés essentiellement par leurs intérêts personnels : elle est dangereuse pour le monde comme pour la France (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupe SRC)

Indécent !

août 21, 2008

Une réaction après la cérémonie de ce jour aux Invalides d’une élue communiste de Castres.

Castres, le 21 août 2008

A quoi pensait-il notre président, face aux cercueils des 10 jeunes soldats sacrifiés sur l’autel de l’intégration française dans l’OTAN (et son commandement militaire) ?

Peut-être a-t-il mesuré dans le regard de leurs familles la lourde responsabilité qui est la sienne dans le fiasco militaire qu’ils ont payé de leur vie … mais pas au point de remettre en question son aveuglement idéologique.

Certes, ces militaires savaient qu’ils faisaient un métier dangereux mais ils n’imaginaient sûrement pas qu’on les abandonnerait pendant 4 heures sans munitions suffisantes, ni que ceux censés les secourir se tromperaient à ce point de cible.

Tout en restant critique sur le rôle de ce type de régiments dans notre histoire (notamment dans les guerres coloniales) et en gardant nos convictions pacifistes et internationalistes, comment ne pas être indignés de l’indécence du discours de Nicolas Sarkozy ?

 - Indécent lorsqu’il fait défiler les membres du gouvernement aux Invalides devant les caméras pour soigner sa communication …

- Indécent lorsqu’il parle d’honneur et de courage …

- Indécent lorsqu’il assimile le rôle qu’il fait jouer à l’armée française (simple pion de l’OTAN) en Afghanistan la défense des droits de l’homme…

-Indécent lorsqu’il évoque l’âge de ces jeunes soldats envoyés en mission après seulement quelques mois de formation théorique et en reconnaissance sur le terrain sans moyens préalables suffisants de renseignements …

- Indécents ses ministres de la défense et des Affaires étrangères – experts en trahison et en retournement de vestes – et ses généraux réfutant les témoignages des survivants à l’embuscade …

- Indécente enfin l’attitude qui consiste à mettre en avant l’émotion et la prétendue volonté de “ne pas polémiquer” alors que tout son discours était une auto-justification.

Tout sonnait faux dans ce discours (fort mal écrit d’ailleurs, Henri Guaino doit être encore en vacances …) tant l’émotion que les arguments politiques.

La valse des pantins ministériels et la présence de Giscard et d’Anne-Aymone (sortis pour l’occasion de la naphtaline) n’a pas suffi à camoufler l’absence symbolique à la cérémonie des héritiers de la politique internationale de De Gaulle : Chirac, Villepin …

Force est de constater qu’on est loin des engagements de campagne du candidat Sarkozy, lorsqu’il affirmait que la présence française en Afghanistan n’était pas indispensable.

Décidément, le costume de président n’est vraiment pas à sa taille. Il est urgent qu’il cesse de prendre la France pour un monopoly géant où règne la loi de l’argent et du plus fort et de considérer la guerre et la vie des soldats français comme un outil au service de sa volonté d’acquérir une stature internationale, à l’ombre de l’oncle Sam.

Peut-être Nicolas Sarkozy aurait-il pu méditer la définition du discours aux morts que donne Jean Giraudoux dans “la Guerre de Troie n’aura pas lieu” :

“Un discours aux morts de la guerre, c’est un plaidoyer hypocrite pour les vivants, une demande d’acquittement. C’est la spécialité des avocats. Je ne suis pas assez sûr de mon innocence …” (Acte 2, scène 5).

Dans quelques jours, M. Sarkozy continuera avec arrogance à casser nos acquis sociaux et à prétendre qu’il n’y a pas d’argent pour augmenter les salaires, pour maintenir des services publics, préserver la sécurité sociale … tout en dilapidant l’argent de l’Etat en mettant notre armée au service de l’OTAN sans consulter le peuple ou ses représentants, et d’autres morts allongeront la liste des victimes de sa désastreuse politique étrangère.

Pendant ce temps, les enfants des soldats reprendront le chemin de l’école et les médailles accrochées au cercueil ne les consoleront pas.

 Géraldine Rouquette, conseillère municipale de Castres.