Edmond Andreu, de l'UL CGT, devant le site de Carreman, à Castres

Edmond Andreu, de l'UL CGT, devant le site de Carreman, à Castres

Voici, ci-dessous la réaction d’Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn suite à l’affaire de l’entreprise Carreman. Des camarades de la section de Castres étaient sur le marché avec un tract du PCF pour dénoncer l’attitude des patrons de Carreman.

A noter que la distribution que nous avons effectuée sur le parking de l’usine a donné lieu à une intervention de la direction qui a fait enlever les tracts sur les voitures … En revanche, les salariés et la population en général, ont apprécié notre tract.

Qui a dit que la lutte des classes n’existait plus ? 

Ci dessous le 1er article de “La Dépêche”,  jeudi dernier.

  http://www.ladepeche.fr/article/2009/05/07/603150-Castres-Ils-reclassent-leurs-salaries-en-Inde-pour-69-par-mois.html

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Les médias se sont fait l’écho ces derniers jours des « propositions d’emploi » faites par les patrons de l’entreprise Carreman, François Morel et Eric Baïsse, à 9 salariés qu’ils vont prochainement licencier.

La fiche « décrivant les conditions de l’emploi proposé » est édifiante.

Il est proposé à ces ouvriers d’aller travailler pour le compte de la société Carreman Silver Crest Clothing India, sur un poste d’opérateur de couture sur machine, pour un CDI, avec une rémunération brute mensuelle de 3500 à 4500 roupies (soit de 53,70 à 69,14 €) pour 8 heures par jour et 6 jours sur 7 – faites le calcul, cela fait 48 heures !

N’oublions pas, au titre des avantages [sic], un mois de salaire en « bonus », par an et une assurance médicale. 

Elle témoigne en tout cas de l’ampleur du cynisme des dirigeants et des actionnaires de ces groupes capitalistes (Valéo, Continental, Caterpillar ou ici le groupe Carreman) à l’égard de leurs salariés. Elle appelle évidemment une riposte, qui ne peut évidemment se cantonner sur le terrain social.

Dans notre département, comme ailleurs, il faut préciser que le patronat du textile est coutumier depuis de longues années des délocalisations  – les premières remontent aux années 80-  à la fois dans les pays du Sud comme en Europe de l’Est, en cela, ils ont appliqué scrupuleusement les conseils de la commissaire européenne Danuta Hubner (membre de la commission Barroso) qui recommandait les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne, en 2005.

On comptait 17 000 salariés dans le textile dans le bassin d’emploi Castres-Mazamet en 1970, 7000 au début des années 1990, il y a aujourd’hui tout au plus 1500 salariés dans ce secteur, largement dominé par les petites et moyennes structures.

Cette casse de l’emploi dans ce secteur est en réalité le résultat conjoint des politiques libérales mises en œuvre à l’échelle européenne et mondiale, de l’absence de lois protectrices pour les salariés dans notre pays et des stratégies patronales qui privilégient la pression constante sur les salaires. 

 

Il est temps de reprendre l’offensive face à la dictature du patronat !

 

Les patrons de Carreman, toujours prompts à demander des aides publiques (comme Morel, vendredi dans la Dépêche) n’ont aucune considération pour leurs salariés. L’épisode du voyage à Bora-Bora organisé par la direction témoigne, une fois de plus de leur absence totale de scrupules.

Si la loi permet au patronat de procéder ainsi à des licenciements déguisés, il faut changer ces lois, pour qu’elles protègent enfin réellement les salariés face à ceux qui veulent revenir au XIXe siècle.

Il est temps que s’impose la volonté populaire d’interdire les licenciements pour les entreprises qui font des profits et distribuent des dividendes. Les députés communistes vont proposer le 28 mai, au Parlement, plusieurs projets de lois contre les licenciements et visant à instaurer de nouveaux droits pour les salariés.

Ce sera l’occasion pour les citoyens de notre département de demander des comptes à leurs députés : vont-ils soutenir ces propositions de loi favorables aux salariés ou bien se contenteront-ils de paroles et de belles promesses ?

De plus, nous allons prendre des initiatives pour que les collectivités territoriales qui ont aidé le groupe Carreman lui demandent des comptes sur l’utilisation de l’argent public et exigent de sa part le remboursement de ces aides.

Non décidément, la violence n’est pas du côté des travailleurs, elle est du côté de ces patrons voyous.

Face à un gouvernement qui a choisi son camp, celui de la finance et du MEDEF, il est temps, si nous ne voulons pas subir encore de nouvelles régressions, de continuer et d’amplifier les luttes et les résistances, dans l’unité la plus large du monde du travail. Les salariés peuvent compter sur la détermination des communistes et de leurs élus pour porter et défendre leurs intérêts face au patronat.

 Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn du PCF

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