Un peu de musique …
mai 17, 2009
On peut se marrer … comme le prendre au 1er degré (ou les deux !)
Reviens …
Carreman : Où s’arrêteront les patrons-voyous ?
mai 15, 2009

Edmond Andreu, de l'UL CGT, devant le site de Carreman, à Castres
Voici, ci-dessous la réaction d’Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn suite à l’affaire de l’entreprise Carreman. Des camarades de la section de Castres étaient sur le marché avec un tract du PCF pour dénoncer l’attitude des patrons de Carreman.
A noter que la distribution que nous avons effectuée sur le parking de l’usine a donné lieu à une intervention de la direction qui a fait enlever les tracts sur les voitures … En revanche, les salariés et la population en général, ont apprécié notre tract.
Qui a dit que la lutte des classes n’existait plus ?
Ci dessous le 1er article de “La Dépêche”, jeudi dernier.
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Les médias se sont fait l’écho ces derniers jours des « propositions d’emploi » faites par les patrons de l’entreprise Carreman, François Morel et Eric Baïsse, à 9 salariés qu’ils vont prochainement licencier.
La fiche « décrivant les conditions de l’emploi proposé » est édifiante.
Il est proposé à ces ouvriers d’aller travailler pour le compte de la société Carreman Silver Crest Clothing India, sur un poste d’opérateur de couture sur machine, pour un CDI, avec une rémunération brute mensuelle de 3500 à 4500 roupies (soit de 53,70 à 69,14 €) pour 8 heures par jour et 6 jours sur 7 – faites le calcul, cela fait 48 heures !
N’oublions pas, au titre des avantages [sic], un mois de salaire en « bonus », par an et une assurance médicale.
Elle témoigne en tout cas de l’ampleur du cynisme des dirigeants et des actionnaires de ces groupes capitalistes (Valéo, Continental, Caterpillar ou ici le groupe Carreman) à l’égard de leurs salariés. Elle appelle évidemment une riposte, qui ne peut évidemment se cantonner sur le terrain social.
Dans notre département, comme ailleurs, il faut préciser que le patronat du textile est coutumier depuis de longues années des délocalisations – les premières remontent aux années 80- à la fois dans les pays du Sud comme en Europe de l’Est, en cela, ils ont appliqué scrupuleusement les conseils de la commissaire européenne Danuta Hubner (membre de la commission Barroso) qui recommandait les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne, en 2005.
On comptait 17 000 salariés dans le textile dans le bassin d’emploi Castres-Mazamet en 1970, 7000 au début des années 1990, il y a aujourd’hui tout au plus 1500 salariés dans ce secteur, largement dominé par les petites et moyennes structures.
Cette casse de l’emploi dans ce secteur est en réalité le résultat conjoint des politiques libérales mises en œuvre à l’échelle européenne et mondiale, de l’absence de lois protectrices pour les salariés dans notre pays et des stratégies patronales qui privilégient la pression constante sur les salaires.
Il est temps de reprendre l’offensive face à la dictature du patronat !
Les patrons de Carreman, toujours prompts à demander des aides publiques (comme Morel, vendredi dans la Dépêche) n’ont aucune considération pour leurs salariés. L’épisode du voyage à Bora-Bora organisé par la direction témoigne, une fois de plus de leur absence totale de scrupules.
Si la loi permet au patronat de procéder ainsi à des licenciements déguisés, il faut changer ces lois, pour qu’elles protègent enfin réellement les salariés face à ceux qui veulent revenir au XIXe siècle.
Il est temps que s’impose la volonté populaire d’interdire les licenciements pour les entreprises qui font des profits et distribuent des dividendes. Les députés communistes vont proposer le 28 mai, au Parlement, plusieurs projets de lois contre les licenciements et visant à instaurer de nouveaux droits pour les salariés.
Ce sera l’occasion pour les citoyens de notre département de demander des comptes à leurs députés : vont-ils soutenir ces propositions de loi favorables aux salariés ou bien se contenteront-ils de paroles et de belles promesses ?
De plus, nous allons prendre des initiatives pour que les collectivités territoriales qui ont aidé le groupe Carreman lui demandent des comptes sur l’utilisation de l’argent public et exigent de sa part le remboursement de ces aides.
Non décidément, la violence n’est pas du côté des travailleurs, elle est du côté de ces patrons voyous.
Face à un gouvernement qui a choisi son camp, celui de la finance et du MEDEF, il est temps, si nous ne voulons pas subir encore de nouvelles régressions, de continuer et d’amplifier les luttes et les résistances, dans l’unité la plus large du monde du travail. Les salariés peuvent compter sur la détermination des communistes et de leurs élus pour porter et défendre leurs intérêts face au patronat.
Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn du PCF
18 janvier 2008 : plan de relance de 150 milliards de dollars annoncé par George Bush.
17 février 2008 : la banque Northern Rock nationalisée.
16 mars 2008 : la Fed sauve la banque Bear Stearns.
7 septembre 2008 : Freddie Mac et Fannie Mae, établissements détenteurs de crédits hypothécaires, mis sous tutelle.
17 septembre 2008 : l’assureur AIG nationalisé !
Quel est donc ce pays qui pratique, qui ose se lancer, à l’heure de la mondialisation, de la « concurrence libre et non faussée », dans une politique interventionniste en nationalisant les plus beaux fleurons de sa finance privée ?
Un pays post-archaïque ou proto-moderne ? Un pays marxiste ?
Non, ce pays, ce sont les Etats Unis d’Amérique !
La crise du capitalisme financier, qui secoue les places boursières, a donc créé cette situation quasi surréaliste, digne d’une fable de la Fontaine, au cœur de laquelle les apôtres du libéralisme à tout crin des années 80-90 se voient obligés –de force, pas de gré, pour sauver la face et le radeau, tout en faisant sécher les SICAV- d’en appeler à la figure tutélaire de l’Etat-providence vingt ans plus tard.
Curieuse ironie de l’histoire, où le modèle anglo-saxon tant vanté redécouvre les vertus d’une administration collectiviste !
Comme disait Karl Marx{dans le 18 Brumaire …] : « l’histoire se répète toujours deux fois. La première en tragédie, la seconde en farce… »
Le système économique actuel, le mode de production capitaliste, me font donc penser à l’histoire du dinosaure : lorsqu’il se marche sur la queue, l’information met un temps fou avant d’atteindre son cerveau. Depuis de nombreuses années –et les faits nous donnent aujourd’hui raison- je ne cesse de dénoncer la dérive de ce capitalisme cynique tourné vers le profit immédiat, avec la dictature du moindre coût, système à bout de souffle qui révèle au grand jour sa nature et ses aberrations. Il y a lieu de fustiger l’impérialisme financier qui a profité du laisser-faire généralisé (plutôt organisé) sur les marchés, loué par Ronald Reagan ou Margaret Thatcher, comme si à la base lesdits marchés allaient s’autoréguler de façon vertueuse. Il n’en est rien, nous le savons. A travers des crédits aussi trompeurs que les subprimes, les grands financiers, et beaucoup d’entre eux ont fait de l’argent en dormant, se sont enrichis sur le dos des petits ménages et ont fabriqué une croissance empirique, basée sur l’endettement, voire le sur-endettement. Dans mon livre « Et si le capitalisme avait fait son temps ? », je mettais l’accent sur l’apparition d’une véritable dictature de la finance. Le profit financier prend le dessus dans le processus de mondialisation. Il existe à la fois une loi du marché et une dictature de la bourse. C’est cette métastase qui remet en cause le capitalisme industriel, le capitalisme des métiers, le capitalisme des savoir-faire, et au final le capitalisme lui-même, car il n’est plus seulement prédateur mais aussi destructeur.
Qu’on ne se trompe pas sur les suites de cette crise. Les Pays émergents, le monde du travail, les petits épargnants, salariés licenciés au nom du CAC 40 et de la cote des actions qu’il faut maintenir à flot, voilà ceux qui seront priés de payer la note. Les ogres de la finance se remplissent les poches quand tout va bien, et vident celles des autres quand tout va mal. Le retour de l’interventionnisme du trésor américain se paiera cash car ce sont les finances publiques et les contribuables qui sont appelés à absorber les hérésies et dérives de l’impérialisme financier. La dette américaine se rembourse sur tous les continents. Nous avons déjà connu ce système de vases communicants. La puissance publique a fréquemment soutenu et relancé de grandes entreprises pour les privatiser une fois qu’elles étaient devenues rentables. Dans les années 80 aux Etats-Unis, pour mettre fin à l’effondrement de centaines de caisses d’épargne, une structure avait été mise en place, la Résolution Trust Corporation, pour placer sous tutelle des dizaines d’organismes.
Il en avait résulté une perte de 75 milliards de dollars dans les caisses des finances publiques. Le mouvement amorcé aujourd’hui est encore plus dévastateur et la bulle financière va continuer de s’alimenter sur le dos des revenus du travail et des investissements publics. Ni plus, ni moins. Et si nationalisation il y a, personne n’est dupe, c’est pour se mettre au service du grand capital.
Cette crise profonde doit par contre, et plus que jamais, nous renforcer dans nos convictions, nous décomplexer.
Un : il faut tout simplement changer de modèle économique et financier. Sans un Etat républicain décideur, avec des services publics dotés de moyens importants affranchis de tout impératif de rentabilité, sans une république sociale, capable de garantir les droits les plus élémentaires à chacun de ses concitoyens –droit au logement, droit à l’énergie, droit à l’éducation, au savoir- inutile de se faire d’illusions sur le fin mot de l’histoire. C’est la loi de jungle qui triomphe, une jungle « libre et non faussée » en quelque sorte. De nouvelles Bastilles sont donc à prendre, qu’elles soient économiques, financières ou médiatiques. Il faut conquérir ces pouvoirs pour les remettre aux mains de la nation, du monde du travail, sous contrôle de la souveraineté populaire. Il faut bien reparler de nationalisation pour la maîtrise publique du secteur bancaire et financier et l’ensemble des grands médias.
Deux : l’Union Européenne, et notamment la BCE, inflexible sur ses taux alors qu’une relance de la consommation se fait attendre depuis des années, vient subitement d’injecter 150 milliards d’euros pour voler au secours des courtiers, banquiers et spéculateurs plongés dans la tourmente. L’Union Européenne de la finance prise en flagrant délit, la main dans le sac, épongeant la sueur qui perle au front des places boursières et fermant les yeux sur les attentes sociales des salariés : voilà ce qu’est devenue l’Union Européenne à laquelle, le 29 mai 2005, nous avons eu raison de dire non. Politique de la rigueur d’un côté –le coffre est vide-, 150 milliards d’euros de l’autre –ouvrez vite le coffre- quelle est donc cette logique européenne, au service du grand capital financier, si ce n’est celle de l’Europe du marché, l’Europe de la spéculation, l’Europe de la renonciation et de la démission. Quant à l’Europe des peuples, me direz-vous, et bien elle peut attendre et, selon le bon mot de Marie-Antoinette, « si elle n’a plus de pain, qu’elle mange des brioches ! »… Le chantier, là encore, est immense, mais le remède est simple. Il nous faut nous retirer de l’Union Européenne pour construire une Europe des peuples, de l’Atlantique à l’Oural.
Trois : devant une telle situation, face à un système capitaliste à bout de souffle -ce géant aux pieds d’argile- qui détruit tout sur son passage (et qui finira bientôt par s’autodétruire), face à ce capitalisme criminel qui spolie au lieu de produire et investir –relisons Engels et Marx-, qui oserait encore dire, aujourd’hui, qu’une gauche fière de ses valeurs, attachée à ses principes, loin de la moiteur des appareils, appartient au siècle passé ? Qui peut croire que la défense des services publics est un combat d’hier ? Qui peut croire que la dénonciation de la puissance de l’argent relève d’une joute d’antan ? A la lumière de ce qui se passe aux Etats-Unis, j’ai bien dit aux Etats-Unis, qui peut nous faire croire que la dérégulation et la privatisation de pans entiers de la République, à l’exemple de la réforme de la carte militaire et de l’ensemble des grandes missions du service public – maintenant La Poste ! – sont une avancée majeure pour le bien-être de chacun ? Qui peut croire, enfin, que Nicolas Sarkozy, porte-parole du Medef et des intérêts du grand capital, deviendra l’homme providentiel pour mettre en place « un capitalisme régulé » ? C’est aussi –notons-le- ce que propose le Parti Socialiste, qui a abandonné le combat pour le socialisme et celui de la lutte des classes. Qu’on ne se méprenne pas, Nicolas Sarkozy est dans la lignée des « ayatollahs » du capitalisme conservateur qui remettent en cause toutes les avancées historiques et progressistes du XXème siècle.
Alors oui, je le pense sincèrement, l’heure nous appartient pour mettre en place une véritable république sociale, loin des compromissions de la sociale-démocratie qui ne fait que s’adapter à un système vicié, une république sociale héritière du CNR, une république sociale autogestionnaire, celle des insurgés de 1848, qui s’appuie sur une vision collective et humaine de la société. Nous le savons tous : il n’y a pas de politique sans volonté, pas de progrès sans lutte. Cessons donc d’être frileux, cessons de courber l’échine, cessons d’être tétanisés : une société nouvelle est à bâtir, à imaginer, ne la laissons pas aux mains des argentiers ! Utopistes debout pour construire une révolution en gestation, le communisme du XXIème siècle frappe à la porte !
André Gerin, le 25 septembre 2008
Succès de la manifestation pour la paix du 22 septembre à Castres
septembre 27, 2008
Quelques photos de la manifestation du 22 septembre (Photos PCF Castres)
[caption id="attachment_49" align="alignnone" width="300" caption="Prise de parole, à la fin de la manif, devant la sous-préfecture"]
[/caption]
Ci-dessous le compte-rendu, assez correct de l’AFP de notre manifestation de Lundi 22 septembre.
Environ 300 personnes, un soir de semaine, c’est une réussite qui va, bien sûr, nous inciter à continuer la mobilisation sous toutes ses formes.
La couverture médiatique tout à fait intéressante de l’événement (avec notamment plusieurs passages sur France 3 région et le journal de France 3 Tarn, entre dimanche 21 et mardi 23 septembre) nous permet aussi de contrer la propagande en faveur de la poursuite de la guerre.
D’autre part, nous avons réussi à démontrer l’utilité du PCF pour contribuer à rassembler la population dans un contexte particulier, notre rôle a été déterminant pour ces mobilisations – les deux rassemblements du 6 et du 13 septembre, comme la manifestation du 22 septembre.
En tout état de cause, et ce indépendamment du vote du parlement, nous allons continuer à mobiliser et à élargir les bases de ce rassemblement, avec le tract de la section et la pétition adressée au président de la république exigeant le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
Au pays de Jaurès, le combat pour la paix continue !
Nous reviendrons dans les jours à venir sur cette actualité, notamment après le conseil municipal du 30 septembre
Manifestation à Castres pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan
Le 22/09/2008 à 19:25
Entre 200 (selon la police) et 350 personnes (selon les organisateurs) ont participé lundi après-midi à Castres, ville du 8e RPIMa, à une “marche pour la paix dans les monde et pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan”, a constaté un correspondant de l’AFP.
Les manifestants, qui répondaient à l’appel du Parti communiste auquel s’étaient joints une vingtaine d’associations comme le Mrap, le Mouvement pour la paix, la FCPE ou les syndicats CGT et Solidaires, sont symboliquement partis des pieds de la statue de Jean Jaurès.
Le cortège a ensuite rejoint la sous-préfecture de Castres, ville du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) auquel appartenaient huit des 10 soldats français tués dans une embuscade le 18 août en Afghanistan.
“La mort au combat de 10 jeunes soldats, dont huit du 8e RPIMa, a brusquement rappelé aux Français que, sans qu’ils aient été consultés, leur armée était engagée aux côtés des forces américaines et de celles de l’Otan dans une guerre sanglante qui leur remet douloureusement en mémoire celles menées contre les peuples vietnamien et algérien”, a expliqué Eric Jalade, secrétaire de la section PCF de Castres.
Cette marche était syboliquement organisée le jour du débat parlementaire sur la présence des troupes françaises en Afghanistan, à l’issue duquel l’Assemblée nationale a donné son feu vert à leur maintien par 343 voix contre 210.
Le 6 septembre, une première manifestation pour le retrait des troupes françaises en Afghanistan, avait rassemblé 100 à 150 manifestants dans les rues de Castres.
Pour info et diffusion, voici, ci-dessous le premier communiqué de presse du PCF, daté du 9 août dernier. Vous pourrez noter qu’il situe assez nettement les responsabilités – géorgiennes – dans le déclenchement du conflit. Même si on peut regretter qu’il n’évoque pas le rôle de l’OTAN – dont on ne peut imaginer qu’elle n’ait pas été au courant en amont des intentions guerrières du président géorgien Saakachvili.
Pour celles et ceux qui en ont eu connaissance, cette déclaration est nettement plus juste que celle publiée le 12 août par Marie-George Buffet, qui a bien des égards, semble contradictoire avec celle-ci …
Communiqué de presse du parti Communiste Français
Ossétie du Sud : Tout doit être fait pour une solution négociée
La dramatique confrontation militaire entre la Georgie et la Russie déclenchée suite à l’offensive lancée par les troupes géorgiennes dans la province sécessionniste d’Ossétie du Sud, suscite une large et légitime inquiétude dans le monde. Les combats auraient faits de nombreuses victimes. Le PCF souligne le grave danger de cet affrontement dans une région où les intérêts de puissance américains et russes, les enjeux énergétiques et les luttes d’influence démultiplient les risques. Le recours à la force dont la Géorgie a pris la lourde responsabilité est sans issue.Tout doit être fait , en particulier au sein des nations Unies, pour l’arrêt des combats, pour une solution négociée conforme au droit international, aux intérêts et à la sécurité de tous les peuples concernés.
La France et l’Union Européenne doivent agir d’urgence dans ce sens.
Paris, Samedi 9 août 2008
La meilleure analyse actuelle sur le conflit en cours, c’est très certainement celle de Fidel Castro.
Je vous la retranscris ici intégralement, en invitant évidemment le lecteur à aller voir aussi souvent que possible le blog de Danielle Bleitrach – où j’ai pioché les réflexions de Fidel – (voir la page de liens ci-contre), qui fourmille d’analyses et d’infos indispensables pour y voir un peu plus clair dans la situation internationale actuelle (pas seulement sur la situation dans le Caucase, mais sur à peu près tous les sujets qui touchent aux questions internationales et géopolitiques. Un point de vue marxiste, communiste, intelligent et argumenté : bref, une référence incontournable à l’heure actuelle pour les citoyens et les militants qui veulent connaître le monde et agir pour le transformer …
Les quelques observations en italique sont de notre cru.
N’hésitez pas à faire part de vos commentaires.
RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL: De la chair à canon pour le marché
Peut-être certains gouvernements ignorent-ils les données concrètes. Voilà pourquoi le message de Raúl fixant la position de Cuba m’a paru très opportun. Je reviens sur des points qu’on ne peut aborder dans une déclaration officielle précise et brève.
Le gouvernement géorgien n’aurait jamais lancé ses forces armées contre la capitale de la République autonome d’Ossétie du Sud, au petit matin du 8 août, pour une opération qu’il a qualifiée de rétablissement de l’ordre constitutionnel, sans une concertation préalable avec Bush qui s’est engagé auprès du président Saakashvili, en avril dernier à Bucarest [lors du sommet de l'OTAN], à soutenir l’entrée de son pays à l’OTAN, ce qui revient à tenter de planter un couteau affilé dans le cœur de la Russie. De nombreux Etats européens membres de cette organisation militaire s’inquiètent sérieusement de la manipulation irresponsable de la question des nationalités, grosse de conflits potentiels, qui peut donner lieu jusqu’à l’éclatement du Royaume-Uni. C’est par ce biais qu’on a désintégré l’ancienne Yougoslavie : après la mort de Tito, toutes les tentatives pour l’éviter se sont avérées vaines.
A quoi bon allumer la poudrière du Caucase ? Combien de fois la cruche devra-t-elle aller à l’eau avant de se casser ? La Russie reste une forte puissance nucléaire. Elle possède des milliers d’armes de ce genre. Je dois rappeler par ailleurs que l’économie occidentale en a ponctionné illégalement plus de 500 milliards de dollars.
Si la Russie ne signifie plus le spectre du communisme, si plus de quatre cents plates-formes de lancement nucléaire ne visent plus directement les objectifs militaires et stratégiques de l’Europe de l’Ouest, puisqu’elles ont été démantelées à la disparition de l’URSS, pourquoi cet entêtement à l’encercler d’un bouclier atomique ? Le vieux continent a aussi besoin de paix.
Les troupes russes stationnées en Ossétie du Sud y étaient dans le cadre d’une mission de paix reconnue à l’échelle internationale. Elles ne tiraient contre personne.
Pourquoi la Géorgie a-t-elle choisi le 8 août, jour de l’inauguration des Jeux olympiques de Beijing, pour occuper Tskhinvali, la capitale de la République autonome [d'Ossétie du Sud] ? Ce jour-là, quatre milliards de personne sur toute la planète assistaient à la télévision au merveilleux spectacle par lequel la Chine inaugurait ces jeux. Seule le peuple étasunien n’a pas pu profiter ce jour-là de la transmission en direct de la stimulante fête d’amitié entre tous les peuples du monde qui s’y est déroulée. Une chaîne de télévision avait acheté pour 900 milliards de dollars les droits de retransmission exclusifs et souhaitait tirer le maximum de profit commercial de chaque minute de transmission : les chaînes concurrentes ont pris leur revanche en divulguant à cette même heure les images de la guerre du Caucase qui n’étaient de l’exclusivité de personne. Les risques d’un sérieux conflit menaçaient le monde.
Bush, en revanche, a pu profiter du spectacle à titre d’invité officiel. Le dimanche 10, deux jours et demi après, on le voyait encore agiter de petits drapeaux, feignant d’être un porte-parole de la paix et prêt à se réjouir des victoires des magnifiques athlètes étasuniens que ses yeux, habitués à tout souiller, voyaient comme des symboles du pouvoir et de la supériorité de son Empire. Quand il n’avait rien à faire, il maintenait de longues conversations avec les fonctionnaires subordonnées à Washington, menaçait la Russie et encourageait les interventions, humiliantes pour ce pays, de son représentant au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Certains des anciens pays qui constituaient le camp socialiste ou faisaient même partie de l’URSS agissent aujourd’hui comme des hommes liges de Washington. Leurs gouvernements, poussés par une haine irresponsable de la Russie, tels ceux de la Pologne et de la République tchèque, s’alignent totalement sur Bush, soutenant l’attaque surprise lancée contre l’Ossétie du Sud par Saakashvili, un aventurier au passé louche qui, né sous le socialisme à Tbilissi, capitale de son pays, est devenu avocat dans une université de Kiev, a fait des hautes études supérieures à Strasbourg, à New York et à Washington. Il exerçait cette profession à New York. Il se présente en Géorgien occidentalisé, ambitieux et opportuniste. Il est rentré dans son pays avec le soutien des Yankees et a pêché dans les eaux troubles de la désintégration de l’Union soviétique. Il a été élu président de la Géorgie en janvier 2004.
Ce pays est, après les USA et la Grande-Bretagne, celui qui a le plus de soldats à participer à l’équipée militaire d’Iraq, et il ne le fait pas précisément par esprit internationaliste. Quand, pendant presque vingt ans, Cuba a dépêché des centaines de milliers de combattants lutter pour l’indépendance et contre le colonialisme et l’apartheid en Afrique, elle n’a pas cherché de carburants, de matières premières ni de plus-value : ses soldats étaient volontaires. C’est ainsi que s’est trempé l’acier de nos principes. Que font les soldats géorgiens en Iraq, sinon appuyer une guerre qui a coûté au peuple de ce pays des centaines de milliers de vies et des millions de sinistrés ? Quels idéaux sont-ils allés y défendre ? Il est tout à fait logique que les Ossétiens du Sud ne souhaitent pas qu’on les envoie se battre comme soldats en Iraq ou d’autres points de la planète au service de l’impérialisme.
Saakashvili n’aurait jamais osé de sa propre initiative dépêcher l’armée géorgienne en Ossétie du Sud où elle se heurterait forcément aux troupes russes déployées là comme force de paix. On ne peut jouer à la guerre nucléaire ni primer la livraison de chair à canon pour le marché.
J’avais déjà écrit ces Réflexions quand Bush a parlé à 17 h 30 (heure de Cuba). Rien de ce qu’il a dit ne dément mes analyses, sauf que la guerre médiatique de l’administration étasunienne est encore plus intense aujourd’hui. C’est la même manœuvre préconçue qui ne dupe personne.
Les Russes ont déclaré en toute clarté que le retrait des envahisseurs à leur point de départ était la seule solution digne possible. Espérons que les Jeux olympiques puissent se poursuivre sans être interrompus par une crise gravissime. La victoire de nos volleyeuses sur une bonne équipe des USA a été phénoménale, et le base-ball n’a pas encore commencé.
Fidel Castro Ruz
Le 11 août 2008
18 h 21
Réponse à Roger Martelli (c’est toujours d’actualité …)
juillet 10, 2008
Cet article avait été rédigé en septembre 2007, au moment où l’offensive des “postcommunistes” battait son plein dans le PCF. Dans la même période, nous avions eu droit successivement aux interviews dans l’Huma de JC Gayssot (7 septembre), de Patrice Cohen-Séat (12 septembre – dont l’antidote est notamment ici), puis de Roger Martelli (le 19 septembre) et d’Olivier Dartigolles (le 20 septembre).
Ce feu nourri de partisans d’une “autre force politique” s’est ensuite heurté à la résistance d’abord passive puis de plus en plus, active d’un grand nombre de communistes, qui a abouti lors de l’Assemblée extraordinaire des sections de décembre 2007 à l’affirmation très majoritaire des adhérents de continuer le PCF.
Pour contribuer à renforcer cette résistance et aider à faire que notre parti soit toujours plus efficace et joue à nouveau complètement son rôle, il nous faut aussi démonter les arguments de celles et ceux qui, aujourd’hui encore, à la veille du 34e congrès, continuent de vouloir “dépasser” le PCF, en clair, qui veulent en finir avec un parti révolutionnaire.
Le texte qui suit est une contribution à cette bataille idéologique, c’est la réponse argumentée d’un de nos camarades à l’interview de Roger Martelli du 19 septembre. Elle nous semble tout à fait d’actualité.
EJ
L’article [de Roger Martelli] est en deux parties : d’abord, le scrutin présidentiel prouve qu’il faut un nouveau parti, enfin, il faut un nouveau parti.
Premier point : le scrutin présidentiel prouve qu’il faut un nouveau parti. Voici les arguments.
Premier argument : les électeurs de gauche n’ont vu que deux options : une gauche d’adaptation, et une gauche coup de pied dans la fourmilière. Il y a déjà dans cette présentation des choses des éléments interressants. D’abord, il continue de classer à gauche ce qu’il appelle l’adaptation. Il est vrai qu’il se place du point de vue des électeurs. Mais même là, il oublie que la majorité des électeurs de Ségolène Royal ont agi par rejet de Nicolas Sarkozy. Ca n’en fait pas des électeurs de gauche au sens politique du terme. Ca en fait des électeurs de gauche au sens électoral, et de manière ponctuel (voir la faible participation aux législatives).
Ensuite, au lieu d’une « dynamique de rassemblement », « nous avons eu l’éclatement des antilibéraux ». « Dommage pour le communisme politique », ajoute-t-il. Au fait, de quoi parle-t-il ? Faites un sondage auprès des antilibéraux d’avant l’éclatement, dont un bon nombre se retrouve maintenant autour des leaders socialistes du « oui » assumant leur prolibéralisme, pour savoir s’ils se reconnaissent dans le « communisme politique ». C’est une plaisanterie, destinée une fois de plus à essayer de nous faire croire à cette armée communiste endormie, et à faire avaler la pillule aux communistes. Cette pensée peut se résumer ainsi : « Ne vous inquiétez pas, personne ne vote pour nous, mais tout le monde est communiste. Il suffit de faire disparaître le PCF pour que se réveille l’armée communiste endormie. »
A moins de penser que le communisme est une structure idéologique immanente, ce qui contraire à l’histoire de tous les combats politiques et syndicaux depuis 150 ans, dans lesquels il a fallu structurer la colère et penser le monde, faire un effort de culture, l’histoire du communisme politique latent est une sombre farce. Mais alors, 3ème argument, pourquoi les antilibéraux ont-ils explosé ? Là, on trouve une des plus claires contradictions de Roger Martelli, ou plutôt un de ses plus assourdissants silences, puisque tout le reste repose dessus. Selon lui, les antilibéraux ont explosé parce qu’ils n’avaient pas véritablement de projet commun. Là, je partage, et je suis bien placé pour le faire : en juillet 2006, j’ai apporté au comité antilibéral de Castres une contribution d’une demi-douzaine de pages à la discussion sur le charte du 29 mai, que je voulais développer… jusqu’à ce que je me rende compte ceux qui dirigeaient le plus souvent les débats avaient autre chose à faire que de discuter des projets, avaient soigneusement mis tout ça au panier, visiblement ennuyés par l’exercice, auquel il n’ont évidemment pas participé. Pourquoi ? Sur le moment, je ne le savais pas, d’autant que dans les discussions, « le projet d’abord », « les idées surtout », étaient notre credo et notre fierté. C’est quand j’ai vu la passion qui s’est déchaînée en quelques jours autour de la désignation du candidat commun que j’ai compris. Ils n’étaient venu là que pour ça, et avec des objectifs divers et variés, dont un qui s’est révélé au niveau national en décembre : faire de la création d’un nouveau parti un préalable à toute discussion sur le candidat commun, c’est à dire, mécaniquement, faire de la disparition du PCF un préalable à l’existence du camp antilibéral aux élections de 2007 (et la boucle et bouclée avec Roger Martelli). Pour un grand nombre d’entre eux, c’était une manière d’assumer au grand jour leur anticommunisme. C’est vous dire l’avenir du « communisme politique » dont parle R. Martelli, pour cette raison, et pour des raisons idéologiques plus fortes encore, que l’on trouve dans ses propos un peu plus loin. Revenons donc à lui. Il pose lui-même une question fondamentale : est-ce parce que nos divergences étaient trop fortes que notre projet (antilibéral) n’a pu s’élaborer ? J’espère que vous mesurez l’importance de la question, pour quelqu’un qui pense qu’il faut avant tout se fixer comme objectif de faire un grand parti. Et bien il ne répond pas à cette question. Il se contente de prendre acte de ces divergences, dans la phrase « elles (ces divergences) ne nous avaient pas empéché hier de dire à la fois notre refus (il parle du TCE) et des propositions alternatives. » (Au fait, lesquelles ? Nous avons bien eu des slogans communs, et un début de projet dont il dit lui-même qu’il est insuffisant, et essentiellement « anti » et non « pro ».) De cette absence de réponse, il conclut qu’il faut faire d’abord une structure pour faire ensuite un projet, sans doute emporté par la conviction qu’il existe une grande force du communisme politique.
Autrement dit, il pose une question qui est au cœur de son raisonnement, il n’y apporte aucune réponse, aucun élément de réponse même, et il se réfugie derrière une fiction (« le communisme politique ») pour justifier sa prise de position.
Résumons-nous : 1-le « communisme » des sympathisants antilibéraux est, c’est le moins qu’on puisse dire, une vue de l’esprit 2-il n’existe pas de projet politique antilibéral, a fortiori pas de projet politique à tout le moins communisant. 3-il n’a pas de début de réponse à la question de savoir si les divergences, bien réelles, au sein du camp antilibéral, sont rédhibitoires ou pas. Rien de tout cela ne gêne R. Martelli pour décréter la fin du PCF au profit d’un parti qui, donc, ne repose pas sur grand chose. La seule cohérence possible à ces apparentes contradictions, c’est que R. Martelli lui-même a abandonné la pensée communiste politique au sens fort, et qu’il cherche un salut politique au sens faible (électoral essentiellement) dans un consensus antilibéral sans fondement idéologique. A R. Martelli qui se pense orphelin d’un projet de société, et d’une pensée alternative qui ne soit pas que « anti », je pose la question suivante : que penses-tu du socialisme ?
Vient ensuite l’alternative forcée : « accepterons-nous que se referme pour longtemps le piège d’une gauche (sic) sociale-libérale majoritaire et d’une gauche contestataire minoritaire ? Ou entamons-nous sans attendre un processus ouvrant une autre voie, qui ne peut être que partagée ? » En réutilisant des termes généraux, en reposant le problème de manière global, ce qui peut être partagé par le plus grand nombre de communiste, il fait comme si sa proposition était la seule manière de penser l’alternative. Il procède comme JC Gayssot. Et en disant que « c’est affaire de volonté politique », il sous entend que toute personne qui penserait autrement l’alternative n’a pas de volonté politique. Ne relevons pas l’insulte, continuons plutôt de réfléchir. Ce type de discours s’appelle la position du fait accompli. Il expose son point de vue sur l’alternative, puis la met en jeu dans l’existence même de l’alternative. Il justifie sa réflexion sur le type d’alternative par le fait même de vouloir une alternative. Soit on pense comme lui, soit on n’a pas de volonté politique. C’est l’assurance du discours consensuel qui se pense dominant. Cela signifie aussi que, pour R. Martelli, la volonté politique réside dans un projet de structure fusionnelle, plutôt que dans un préalable idéologique. Nous n’avons pas la même conception du mot « politique ».
Que les formations et les militants de gauche désemparés se rencontrent, échangent des idées, élaborent des stratégies politiques, luttent ensemble, oui, bien sûr, c’est essentiel. Et cette réponse est rédigée par quelqu’un qui, avec les communistes de sa section, met en œuvre concrètement cette union des forces vraiment de gauche. Mais pourquoi fusionner, quelle fusion ? R. Martelli explique : « une force plurielle (re-sic) et cohérente ». En l’absence de programme, quel sera le ciment de cette cohérence, à part une « vocation majoritaire », c’est à dire une stratégie électorale sans contenu précis, c’est à dire exactement ce qui a fait l’échec des antilibéraux en 2007, de l’avis même de Martelli ? Que pourrait-on dire de cette force ? « On ne dira pas d’elle qu’elle est communiste (re-re-sic), féministe, écologiste, trotskyste, altermondialiste, etc… mais elle doit être un peu (re-re-re-sic) de tout cela », avec une « composante communiste ». Voilà donc ce qu’on nous propose : un amalgame de courants, qui est « un peu » communiste (c’est lui qui le dit !) par une de ses « composantes ». Au grand jour, se révèle le projet politique, qui n’est pas une simple recomposition sous couvert d’efficacité. Le véritable projet, c’est abandonner le communisme en abandonnant le PCF malgré le verbiage du « communisme politique » à « vocation majoritaire », qui n’est que la poudre aux yeux. Au passage, R. Martelli conforte un argument central de ceux qui veulent un PCF indépendant et conquérant : sans lui, c’est le communisme qui s’en va. Face à une droite idéologiquement armée, face à un capitalisme qui avance, il prétend qu’il faut être « un peu communiste ». C’est ça, la volonté politique dont il se dit fort ?
Plus loin, il dit « [ne pas vouloir] d’un communisme croupion à la marge de la vie politique ». Et comment s’y prend-il pour éviter cela ? En proposant que le communisme soit une « composante » dans une nébuleuse partisane minoritaire (entre 5 et 10% en 2007). La « vocation majoritaire » dont il parle n’est là que pour nous abuser, et la victoire idéologique de Sarkozy est là pour le prouver. Aucune force idéologiquement faible n’aura d’avenir majoritaire à terme.
Enfin, il prétend vouloir éviter le dessèchement d’un « patrimoine », et valoriser « l’apport d’une tradition » communistes. Notez au passage le vocabulaire type « musée », qui en dit long sur sa considération pour la pensée communiste. Et comme une conclusion, il dit qu’il faut d’abord créer un cadre pluriel, puis y faire rentrer un communisme refondé. Tout est dit. Voilà comment il prétend renforcer le patrimoine ; en lui donnant un cadre « antilibéral » idéologiquement faible, et en le forçant à y entrer. En clair, il veut mettre le communisme dans une belle vitrine, au titre de l’histoire perdue, au titre du patrimoine et de la tradition à conserver dans un musée de la gauche pas contente. Il prétend donc que c’est l’antilibéralisme indéfini qui va redynamiser le communisme. Il prétend donc que l’antilibéralisme est supérieur au communisme, alors qu’il n’existe ni politiquement ni idéologiquement. Effectivement, dans cette perspective, le communisme ne risque pas d’être croupion, car pour être croupion, il faut au moins exister.
Et bien moi, je prétends que l’historien R. Martelli a une vue très courte, et qu’il est en dehors des réalités. Sa pensée est une pensée de salon, pleine de contradictions. Il oublie, avec ses périgrinations électoralistes qui écrasent la pensée idéologique et la relègue au rang de pièce de musée, que l’époque actuelle est une époque de lutte de classe extrêmement violente, d’autant plus violente que la classe la mieux structurée politiquement est la bourgeoisie. Il oublie que structurer politiquement la classe dominée, c’est autre chose que lui offrir une vague perspective électorale sans contenu, qui sera confinée à 10% et renforcera l’abstention ainsi que le vote populiste. Il oublie que face à la classe dominante, qui possède le pouvoir économique, politique, médiatique, et peut être bientôt judiciaire (si N. Sarkozy parvient à mettre la main sur la justice pénale et à faire disparaître la justice du travail), ce dont nous, peuple de France et d’Europe avons besoin, c’est d’un Parti Communiste qui fait vivre cette lutte de classe, qui se renforce en essayant de repolitiser la classe dominée, explosée par la précarité, la pauvreté, la peur, la culpabilisation, l’éclatement des grand centres de production, la disparition de la solidarité et la prédominance des syndicats de plus en plus jaunes. Et pour cela, ce n’est pas d’une nébuleuse qui rejette les excès du néolibéralisme au nom de valeurs humanistes dont nous avons besoin, mais d’un parti, avec ses militants et ses chercheurs, capable de diffuser au plus près de la population, et non dans des salons antilibéraux, une pensée structurée du monde capitaliste et qui apporte des propositions elles aussi structurées et globales, pour en finir avec le capitalisme. Nous avons besoin d’un PCF qui reprend à son compte le sens de son combat, c’est à dire, convaincre que l’histoire a un sens, que le capitalisme peut se comprendre et se combattre, qu’il n’est pas la fin de l’histoire, qu’il doit être détruit, qu’une société sans classe peut exister, et qu’il faut agir pour la faire advenir.
Mettre le « communiste politique » à la remorque de cette nébuleuse, c’est accepter la défaite. Les contradictions de R. Martelli, mises en lumière ici, ainsi que son vocabulaire passéïste de musée, et finalement ses intentions le prouvent. Cette stratégie est celle de l’abandon du communisme. C’est le parti communiste qui doit contribuer à restructurer la lutte, et non le désastre actuel qui doit restructurer le communisme. Les communistes sont des résistants et des bâtisseurs, pas des suiveurs de tendances, ou des « composantes » confinées dans des vitrines. Contrairement à ce qu’il prétend en filigrane, R. Martelli n’est pas dans le sens de l’histoire. Il est dans le sens de l’idéologie dominante de l’histoire.
Sylvain Jean, membre de l’Exécutif de la section de Castres et du Conseil Départemental de la fédération du Tarn.
Derrière le rideau de fumée médiatique …
juillet 5, 2008
Quelques réflexions après la libération d’Ingrid Bétancourt …
1 – L’événement hypermédiatisé.
Qu’on ne se méprenne pas : la libération d’Ingrid Bétancourt est bien sûr un soulagement pour tous ses proches, pour toutes celles et ceux qui s’étaient impliqués sincèrement pour obtenir sa libération. On ne peut que se réjouir que quelqu’un, détenu depuis si longtemps contre son gré, recouvre la liberté.
Cela dit, vu l’ampleur médiatique prise par cet événement, on ne peut que s’interroger sur les conditions dans lesquelles cette opération s’est déroulée. Elles sont, semble-t-il, pour le moins très différentes de la version « hollywoodienne » délivrée par la plupart des médias, sans beaucoup de recul ou de distance critique depuis mercredi soir. Certains éléments sont troublants (les infos de la RSR méritent visiblement d’être vérifiées), surtout lorsque l’on connaît la sincérité des principaux protagonistes qui ont « mis en scène » la libération « hypermédiatisée » d’I. Bétancourt : les services secrets américains, l’armée colombienne …
Cela dit, l’icône médiatique éclipse quand même, la réalité de la situation colombienne, voire de l’Amérique latine en général. Je rappelle simplement à ce sujet que sur les 4 premiers mois de l’année 2008, au moins 21 syndicalistes ont été assassinés en Colombie, par les paramilitaires liés au pouvoir et aux trafiquants.
Qui en a parlé dans les médias audiovisuels français ? Au 20 h ?
Dans le même temps, c’est aussi un moyen d’éclipser également la réalité de la politique menée en France, en ce début juillet 2008.
C’est en cela un rideau de fumée, une diversion habile utilisée par les médias aux mains des grands groupes capitalistes (ou soumis à l’influence de plus en plus pressante de l’Etat-UMP sarkozyen, comme l’audiovisuel public).
N. Sarkozy tente d’exploiter cet événement à son compte, alors que sa côte de confiance est au plus bas chez les français (33% d’opinions favorables d’après un sondage très récent) : l’arrivée en France d’Ingrid Betancourt va être une opportunité pour N.Sarkozy de tenter de récupérer la sympathie qu’elle suscite : invitée au 14 juillet, séances de photos, conférences de presse, peut-être un disque en duo avec Carla
…
2 – Les événements « invisibles » ou judicieusement éclipsés …
Et pendant ce temps, on ne parle pas des souffrances des français, des millions de ménages qui ont du mal à boucler les fins de mois, des luttes des salariés alors que dans le même temps les profits des entreprises du CAC 40 ont atteint des records en 2007, que les rémunérations des grands patrons ont progressé de 58% en un an …
Pendant ce temps, on ne parle pas (ou si peu) de la privatisation de La Poste (qui risque de devenir une Société Anonyme, une entreprise capitaliste comme les autres dès le premier trimestre 2009) ; du démantèlement du service public, des dizaines de milliers d’emplois supprimés du fait de la RGPP et des politiques d’austérité budgétaires, tournant le dos aux besoins des populations (vous avez entendu parler du budget 2009 ? Pas moi) …
Au chapitre budgétaire toujours, on apprend par un rapporteur parlementaire que le coût du « bouclier fiscal » (une des mesures phares de la loi dite « TEPA ») pour la collectivité profite essentiellement aux plus riches des riches : Le député UMP G. Carrez indique en effet qu’il y a « une très forte concentration du coût de la mesure sur les contribuables dont les patrimoines sont les plus élevés ». « Les échos » (4/07/08) confirment que 91% des montants « restitués » l’an dernier ont bénéficié aux contribuables dont le patrimoine est supérieur à 3,7 millions d’euros … Les 524 contribuables les plus aisés ont ainsi récupéré 127,8 millions d’euros, c’est-à-dire près de 244 000 euros chacun en moyenne … pas mal, non ?
On est loin de l’argument « attrape-gogo » sur le pêcheur ou le petit retraité propriétaire de l’Ile de Ré qui était terriblement pénalisé par notre terrible système fiscal : en réalité, le pêcheur de l’Ile de Ré ne récupère rien ou alors peanuts, alors que les vrais privilégiés touchent le jackpot, et ce de manière tout à fait légale grâce au “paquet fiscal” …
Qui a dit que la lutte des classes n’existait plus ?
On est donc bien en présence – pour ceux qui en doutaient encore – d’une politique de classe, totalement cynique, qui bénéficie presque exclusivement à une oligarchie qui n’a aucun scrupule et qui s’enrichit sur la souffrance, les sacrifices et l’exploitation du plus grand nombre. Pour cacher cette réalité, l’oligarchie, dont Sarkozy est le représentant zélé (et parfois caricatural, avec son côté « bling bling » …) a notamment besoin de contrôler les médias –opération en cours et en bonne voie …- , de fabriquer des événements qui nous sont « vendus » ensuite comme lors d’une opération commerciale. Cette question médiatique est, me semble-t-il une des questions essentielles de la bataille idéologique actuelle.
A cet égard, je vous conseille vivement la lecture des blogs d’Acrimed et du « plan B » (voir les liens ci-contre).
EJ
Quelques remarques sur l’histoire du PCF …
juillet 2, 2008
Lors de la campagne des élections présidentielles, le philosophe Michel Onfray s’était fait remarquer par, outre une singulière versatilité politique (d’abord pour Ségolène, ensuite soutien de José Bové pour finir par embrasser Olivier Besancenot…), des propos farouchement anticommunistes, à propos notamment de l’histoire du PCF, dans un billet intitulé “Coco, boulot, dodo“, publié en février 2007 sur son blog du “Nouvel Obs” (ah, ah, le journal révolutionnaire bien connu…).
Ce billet voir ici lui a valu plusieurs réponses argumentées, dont celle d’un camarade de la section de Castres – votre serviteur- que nous vous donnons ci-dessous, pour une première chronique des questions historiques et idéologiques, que nous tâcherons de ne pas – trop- négliger dans ce blog.
Eric Jalade
LETTRE OUVERTE A MICHEL ONFRAY
La diatribe haineuse que vous signez sur votre blog (« Coco, boulot, dodo ») ne mériterait pas de réponse si vous étiez resté un obscur philosophe (ou universitaire) comme tant d’autres, plongé dans la recherche, dans le travail, les publications … Notre société médiatique raffolant désormais de certains philosophes « médiatiques », faussement contestataires de l’ordre établi et en réalité baudruches médiatiques, pérorant dans les journaux de l’ordre établi, dont vous faites partie, Michel Onfray, ce billet mérite donc une réponse.
… Vous écrivez, Michel Onfray : « Les Communistes auraient pu profiter de subventions de la CIA et des Etats-Unis tant leur rôle contre-révolutionnaire est avéré dans le XX° siècle… » Affirmation tellement imbécile qu’on en oublierait presque l’incongru paradoxe : qui d’autres que les communistes, en ce siècle (et les mouvements progressistes du Tiers Monde, voire parfois les mouvements de libération nationale) ont lutté pour la révolution, pour l’abolition du capitalisme, pour le socialisme ? Quiconque a fréquenté un peu les livres d’histoire (sérieux) sait le rôle contre-révolutionnaire des Etats-Unis et celui des subsides de la CIA pour précisément combattre sans répit les organisations révolutionnaires, les syndicats de classe, les Partis communistes (ou jugés proches).
Sur le pacte germano-soviétique, je ne développerai pas, mais j’invite le lecteur curieux d’histoire à lire les auteurs notamment anglo-saxons qui ont renouvelé l’étude de cette période, notamment Goeffrey Roberts, Scott Newton, Gabriel Gorodetsky ou Michael J. Carley (ces deux derniers traduits en français – voir les références sur google) : pour aller vite, ils nuancent fortement la responsabilité de Staline et des dirigeants soviétiques, archives à l’appui, dans cette affaire, largement contraints à ce (tragique) pacte. Carley écrit notamment : « La source de l’échec de la coopération anglo-franco-soviétique contre le nazisme fut l’anticommunisme. Le dilemme guerre-révolution était la théorie dominante officielle et officieuse des décideurs politiques franco-britanniques à propos de l’URSS pendant l’entre-deux-guerres ». Il ajoute, sans minimiser la responsabilités des soviétiques, que « la crise de Munich et l’échec des négociations anglo-franco-soviétiques en 1939 conduisirent directement au pacte de non-agression germano-soviétique. »
Comme tant d’autres « idiots utiles » de la bourgeoisie, Michel Onfray, vous en rajoutez dans l’abjection pour renforcer votre propos anticommuniste. Ainsi, du rôle des communistes dans la guerre et dans la résistance.
le texte dans son intégralité est à lire ici


